Une petite SARL uni personnelle ou  quelques associés au sein d’une sarl classique ? Ne vous laissez pas impressionner par l’administration, faites le vous même, voyez plutôt…

Septembre 2003, trois associés qui n’y connaissaient rien et n’avaient jamais créé d’entreprise se disent « passons par un avocat ».. Nous voici donc un peu intimidés, dans un bureau parisien tout en parquet et moulures, plafonds de 3 mètres et tableaux contemporains aux murs, invités à s’assoir dans de confortables fauteuils en cuir et écouter l’homme de loi, sans rien y comprendre, si ce n’est qu’il va nous facturer à l’heure, et s’occuper de tout..

Effectivement, nous recevons, un mois plus tard, un joli papier à entête avec la liste indispensables des documents à fournir (pièces d’identités etc..) que nous photocopions, et retournons.. un mois se passe, nous voici invités à la lecture et au décodage des statuts, et du barbarisme qui entoure lesdits articles.

Un mois se repasse, rien n’avance… On commence à s’énerver car il était question de démarrer en fin d’année. On précise donc à Mr l’avocat que ce serait bien qu’il se presse un peu.

Retour du beau papier à entête nous demandant le récépissé du dépôt de capital. On envoie… et silence radio malgré nos relances jusqu’en février..

Retour du beau papier à entête, Mr l’avocat avait oublié de nous demander les preuves de nos situations matrimoniales, lesquelles sont indispensables, nous demande également qui sera le gérant, ce que nous avions déjà dit. C’est pas grave réponse de notre part, avec mention spéciale « ÇA URGE.. » Dans un mois, nous facturons les premiers clients, car bien sur, nous n’avons pas attendu..

Silence radio, énervement, échanges de mails virils, et grosse colère…

Grosse colère = Appel du greffe du tribunal de Paris où le dossier est sensé se trouver, en fait on trouve une dame charmante au bout du fil « monsieur, je n’ai pas votre dossier, mais si vous venez avec les documents que je vous liste de suite, sachant que vous pouvez remplir le formulaire en ligne, je vous fais votre kbis de suite »

Et là, dans la même journée : téléchargement de statuts type (pour 10 €, et .. ho c’est drôle ! c’est les mêmes que ceux de notre avocat) + enregistrement aux impôts + direction le greffe « bonjour Madame, voici mes docs  » « tap tap tap sur l’ordi » « très bien monsieur, combien voulez vous de kbis, 5 c’est bien ? « parfait.. » et voilà…

Retour victorieux « Whaouu, z’avez vu partners, en une journée on a eu ce que l’autre glandeur est sensé nous faire depuis 5 mois, attend un peu que je lui envoie un mail récapitulatif »..

Mail récap envoyé…

Réponse de l’avocat « veuillez trouver ci joint mes honoraires de 4000 € !! »

Réponse de moi « allez vous faire f….. »

Réponse de l’avocat « Vous refusez mes honoraires (un peu oui…), en conséquence etc…(bla bla ) je dénonce cette créance au bâtonnier etc.. etc.. »

Réponse de moi « Cher Maitre, allez vous faire f…, venez vous ridiculiser avec votre bâtonnier et votre baratin, nous vous attendons »

C’est ainsi que notre première facture d’entreprise fut une facture impayée, longtemps placardée au dessus de mon bureau avec la mention « Pas de dépenses inutiles »…

Précisons bien, que dès l’atteinte d’un certain volant d’affaires, les hommes de lois sont indispensables et feront gagner temps et argent, à condition d’être soigneusement choisis. Nous concernant, l’expérience première ne fut cependant pas encourageante !