L’éducation est un sujet primordial pour tous les parents et les professionnels qui sont amenés à travailler au quotidien avec des enfants (tout comme nous ;-)).

C’est cette éducation qui définit en partie les relations qu’entretient l’enfant avec les personnes qui l’entourent et surtout participe à construire  la personne qu’il deviendra une fois adulte.

Nous souhaitions faire un point sur les principes de base de l’éducation et pour cela, nous avons fait appel à une psychologue pour enfants qui propose ses services du coté de Toulouse, Sonia OUALI.

 

Papa, maman, nounou… : doit-on prédéfinir un rôle pour chacun des acteurs récurrents de la vie de nos enfants ?

 

Sonia OUALI : Les enfants identifient très tôt et très rapidement que chacune des personnes qui l’entoure a un rôle précis auprès de lui. Cependant, il est important que les personnes qui sont amenées à garder l’enfant ponctuellement (nounous, grands-parents…) n’empiètent pas sur le rôle des parents en venant se substituer à eux mais au contraire, apporter une complémentarité à leur action éducative.

Concernant les parents, bien souvent l’un des deux est perçu par l’enfant comme étant plus souple, moins sévère que l’autre. Mais, cela ne doit pas empêcher ce parent-là de sévir à certains moments lorsque l’enfant fait une bêtise et de lui expliquer en quoi ce qu’il vient de faire est mal. Il s’agit là d’assurer son rôle d’éducateur envers son enfant.

De plus, même si les parents ont des rôles bien définis (maman sévère, papa laxiste ou inversement), il n’en demeure pas moins que les deux parents doivent s’accorder sur certains points essentiels de l’éducation de l’enfant. En effet, quand les enfants veulent obtenir quelque chose, si l’un des deux parents refuse, il sait que l’autre parent identifié comme étant plus laxiste, répondra favorablement à sa demande. Ce type de situation est fréquent et il en va parfois de la crédibilité des parents aux yeux de l’enfant. C’est la raison pour laquelle il est important que, lorsque l’un des parents refuse, que l’autre aille également dans le même sens en octroyant un refus et la même logique doit être appliquée pour une autorisation.

Enfin, quel que soit leur rôle, c’est le respect et la valorisation auprès de l’enfant de chacun des acteurs de l’éducation (parents, nounous..), qui doit primer afin que l’enfant ne devienne pas la cible de conflits qui ne contribueraient en rien à son bien-être.

 

Faut-il laisser un enfant faire sa propre expérience ou plutôt être dans la prévention systématique du risque ?

 

Sonia OUALI : Éduquer un enfant c’est essayer de faire au mieux pour lui donner des repères et des outils pour qu’il devienne plus tard un adulte épanoui. Tout ceci passe aussi par le vécu d’expériences qui nécessite la mobilisation de tous les sens (l’ouïe, l’odorat, la vue, le toucher, le goût), ce qui ne se déroule pas toujours sans danger.

Par exemple, un enfant qui s’approche d’une piscine pour explorer ce qui s’y passe alors qu’il ne sait pas nager, il reste évident que l’adulte doit redoubler de vigilance et ne pas laisser l’enfant faire. De même que si l’adulte voit un enfant qui joue avec un briquet, ne doit pas la laisser continuer. Ce sont pourtant là des expériences auxquelles les enfants peuvent se prêter et qui peuvent être dangereuses.

Cependant, il ne s’agit pas pour l’adulte d’interdire pour interdire, mais de rappeler à l’enfant la notion de danger, notion que les enfants n’ont pas acquise. Dans le cadre des exemples donnés, la prévention est de mise : clôturer la piscine avec un grillage par exemple pour empêcher l’accès aux plus jeunes, mettre un détecteur de présence… et éloigner les objets dangereux hors de portée des enfants.

En revanche, l’enfant a besoin de faire ses propres expériences sans que l’adulte n’intervienne. Par exemple, parfois l’enfant a besoin de jouer seul et le rôle de l’adulte est de le laisser faire tout en jetant un œil de temps à autre sur ce que l’enfant fait ; il s’agit là d’une surveillance à distance qui permet à  l’enfant de se sentir libre. De même que lorsque l’enfant se chamaille avec d’autres enfants, il est nécessaire que l’adulte ne s’interpose pas (sauf s’il y a mise en danger), car les conflits et leur résolution font partie de la vie et participent comme toute autre expérience, au développement de l’enfant.

En somme, pour que l’enfant se construise et grandisse, il doit pouvoir faire ses propres expériences ; l’adulte est présent quand il y a danger, pour intervenir et expliquer à l’enfant avec des mots qui soient à sa portée.

 

A partir de quel âge commence-t-on à apprendre les règles de politesse à un enfant ?

 

Sonia OUALI : Là, j’ai envie de répondre le plus tôt possible, dès lors que l’enfant commence à parler, en lui apprenant à dire « bonjour », « merci » etc. Mai, bien avant de savoir parler, les règles de politesse peuvent déjà commencer à s’apprendre, car celles-ci passent aussi par le comportement non verbal, en apprenant à l’enfant que le fait de cracher par exemple est mal.

En fait, plus tôt les règles de politesse seront apprises, mieux elles seront assimilées par l’enfant, ce qui ne veut pas pour autant dire qu’il ne lui arrivera pas parfois d’être impoli. C’est pourquoi le rôle de l’adulte est de toujours rappeler les règles, comme c’est le cas pour tout apprentissage.

 

Nous remercions Sonia OUALI pour sa participation et la pertinence de ses réponses 🙂

Vous retrouverez son site Internet ici : www.psychologue-enfant-ado-toulouse31.vpweb.fr.