Le premier mai est le seul de nos jours fériés à être chômé et payé. C’est à dire que même dans le cas où il tombe un samedi, un dimanche, etc.. il doit être payé. Si il est travaillé, il donne droit au double de la rémunération, et c’est le seul jour férié donnant droit à ce doublement de salaire.

Dans nos métiers, aucun de nos clients ne fait le choix de maintenir une prestation de quelques heures de ménage qui lui seraient facturées le double du tarif habituel. Les prestations sont donc suspendues le 1ier mai, ou décalées, ceci pour l’ensemble du personnel et des clients.

Quelle ne fut donc pas notre surprise, d’avoir vers le 10 mai un appel comme celui ci :

« Bonjour, je suis la maman de xxxx, qui a travaillé chez votre client yyyyy le 01 mai car celui ci lui lui a demandé en précisant qu’ils s’arrangeraient » « Ma fille lui demandant sa paye en précisant qu’elle doit être double, Mme yyyyy a refusé et donc je voudrais savoir comme vous allez la payer »..

Trop fort ça ! Le client et l’employé s’arrangent dans notre dos, l’un faisant acte de « concurrence déloyale », et l’autre de « déloyauté envers son employeur », et leur relation tournant vinaigre, ils se rejoignent dans la malhonnêteté pour demander à l’entreprise de régler leur problème !

Pour nous, attention, on marche sur des œufs car on ne perd pas de l’idée qu’en tant qu’entreprise, on est généralement mis en cause dans toutes les circonstances, c’est le jeu du « qui perd-perd » social et juridique. On jette un œil au planning (qui ne comprenait pas le premier mai évidement), on jette un œil au pointage (curieusement, elle a « oublier » de pointer cette journée là..), et on décide d’appeler le client pour s’expliquer, et curieusement aussi, impossible de la joindre…

Notre employée étant en période d’essai (ça commence bien..), nous y mettons fin, et soldons pas la même occasion la relation avec le client, attentifs que nous sommes à ne bosser que dans des conditions de transparence et d’honnêteté.

Et là, c’est le déchainement !

L’employée nous menace de nous trainer aux prud’hommes (j’adore cette expression de l’employé qui pense que les prud’hommes sont un peu des barbares qui vont « trainer » l’employeur enchainé en traversant la ville sous les crachats etc…). On se demande bien quelle va être l’argumentation aux prud’hommes ? Bonjour, mon patron ne veut pas me payer les heures de black que je lui fait dans le dos, hou… le vilain patron ! Faites quelque chose !!!

Le client soudainement se réveille et veut lui nous assigner pour « maltraitance à enfant » parce qu’on laisse tomber les siens alors qu’il doit aller travailler !! Là aussi, on imagine l’argumentation : Alors voilà, je m’arrange en direct avec leurs employés pour court-circuiter la société, et rendez vous compte, c’est inadmissible, ils ont rompu le contrat et ne veulent plus travailler avec moi maintenant !! Hou… la vilaine société, faites quelque chose !!!

Tout cela, c’est perte de temps, d’énergie, source de stress, etc.. sachant que l’uni latéralité des jugements (toujours en défaveur de l’entrepreneur…) et la lenteur de la justice nous empêche d’envisager un recours pour demander des dommages et intérêts qui seraient bien la moindre des choses en contrepartie du temps passé et de la malhonnêteté de la manœuvre.

Nous n’irons pas jusque là, pas de temps à perdre.. Mais on se souviendra du 01 mai 2010, et l’on connait dorénavant par cœur la législation particulière de ce jour férié unique !