La création est avant tout une affaire de motivations personnelles, certains créeront parce que tout simplement ils en ont les capacités, d’autres parce que c’est la seule issue économique dans un univers de salariat qui leur parait clos, d’aucun seront attirés par la probabilité d’un revenu important, ou encore s’inscriront dans une évidente lignée familiale. Une bonne partie, dont je suis, seront avant tout attirés par la liberté, la liberté de choix, la liberté de conduite de une stratégie, préférant être stratège au sein d’une petite armée que soldat dans l’armée des autres… Un entrepreneur, c’est une personne qui va prendre son destin en main, pour échanger son lien de subordination de salarié parfois bien confortable contre la liberté d’aller affronter un univers hostile fait de concurrents qui veulent les mêmes marchés, et dont le prix à payer sera d’être en permanence meilleur qu’eux, ou de disparaitre. Il ne suffira pas de bosser, c’est largement insuffisant car ce n’est pas la quantité d’heure qui font le stratège, c’est sa capacité à faire les bons choix.

Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple de notre marché, les services à domicile. Il y a en France 18.000 structures agréées, or… combien va il rester de réseaux d’ici quelques années, qui seront autant de marques positionnées avec leur valeur évidentes dans l’esprit du consommateur, combien de places y a t il ? 5.. 10.. peut être 15 maximum, grand maximum… et il faut faire parti de ceux là.

Forcément violent, évidement incertain, jalonné d’embuches, mais le pire serait de ne pas avoir essayé…  Car si le chemin est parsemé d’obstacles, la satisfaction d’avancer libre, de constater une réussite, de voir grandir son entreprise, sont autant de victoires à fêter qui valent bien des sacrifices. Maintenant, pour celui qui n’aime pas la compétition…

Avant d’en être là, l’entrepreneur (français) va rencontrer sur sa route débutante deux catégories de réactions :

1. Avant et au début de la création : « Mais t’es complètement fou, avec le job que t’as, tu te lances dans une création, tu ne te rends pas compte de ce que ça représente etc… etc… »

2. Une fois que ça commence à marcher : « T’en as de la chance… »

Ça, c’est dit dans aucun livre de management, mais quant on commence à entendre « t’en as de la chance », c’est qu’on a bien bossé et que l’entreprise est sur les rails !