Couteuses aides dans les services à la personne ?


La cour des comptes, dans son rapport de février 2010 met l’accent sur deux éléments :

-> L’absence de précision du nombre d’emplois créés grâce aux SAP, qui font le grand écart avec l’objectif annoncés (500.000), les chiffres jetés en pâture (du grand n’importe quoi selon qu’on se parle en emploi ou en ETP équivalent-temps-plein fonction qu’on fasse partie des soutiens ou des détracteurs), la vérité étant certainement autour de la création de 300.000 emplois en ETP depuis 2004. Fort loin effectivement des objectifs annoncés, mais fort honorable quand même !

-> Deuxième point, le coût énormes des dispositifs d’aides. Car lorsque l’on cumule crédits d’impôts, tva minorée, et charges patronales diminuées, on obtient un coût faramineux de l’ordre de 6,5 milliards d’€ sur 2009 assez impressionnant.

La cour des comptes est dans son rôle en comparant le coût et les emplois. Et encore, elle pourrait enfoncer le clou en divisant le total des aides par le nombre d’emploi créés en 2009, on arriverait ainsi à 65.000 € par emploi créé ! Ce qui pour des salaires au smic laisse penseur…

Vu comme cela, c’est un dispositif totalement inefficace, et pourtant…

Il ne faudrait pas parler de “coût”, mais de “manque à gagner”. Les services qui bénéficient de ces dispositifs étaient, c’est la logiques des aides mis en place, beaucoup trop chers pour satisfaire la demande qui pourtant existait, et se faisait principalement en emploi dissimulé.

Réalise t on que sans aides, une heure de ménage serait facturée environ 15 €, par la simple application des charges et d’une tva classique, sans aucune marge pour la société mettant à disposition du personnel que les clients n’ont pas vocation à recruter et manager eux mêmes. une société performante qui se contenterait de 2 € de marge ht, facturerait donc son client 17,50 € de l’heure environ. Soit 115 de nos anciens Francs pour une heure de babysitting, ou de repassage, ou de ménage. Qui paierait ce prix ? Sans doute pas grand monde…

Le véritable problème que pose ce “manque à gagner”, c’est les charges délirantes qui pèsent sur les entreprises, tant dans le domaine fiscal que social. Et curieusement, lorsque l’on en supprime une bonne partie, on se retrouve avec 20.000 structures qui en cinq ans créaient 300.000 emplois !

N’y aurait il pas une question différente à ce poser de type “combien d’emplois seraient créés (ou ne seraient pas délocalisés) si cette imposition plus douce et raisonnable était appliqué à d’autres secteurs d’activités ?”

Mais sur ce sujet, rien dans le rapport de la cour des comptes 🙁

Théo Lamertin
A propos

A la fois gestionnaire d’une entreprise de services à la personne et pigiste indépendant sur divers magazines de presse économique, Théo anime la partie « entreprise » du blog en partageant ses expériences professionnelles et en analysant l’actualité du marché des services.

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