Créer une entreprise, c’est facile, un tour au CFE (centre de formalités des entreprises) depuis qu’il a été créé par JP Raffarin, et vous sortez avec votre kbis.

C’est presque vrai, c’est même vrai à Paris, Quai de corse, testé pour vous : arrivée à 13h30, ressorti à 14h45 avec 5 kbis, bravo.

Mais ailleurs ?… Testé auprès d’une trentaine de villes via les sociétés suivantes et l’ensemble des agences de services qui se sont créées, c’est pas exactement comme au fameux quai de Corse (qui doit sans doute servir d’exemple), mais même… pas du tout !

En fait, la plupart du temps, nous avons constaté que le CFE n’est pas le service d’intégration voulu qui centralise les démarches, mais une espèce de chef de gare qui vous donne la liste des administrations dans lesquelles vous deviez vous rendre avant, sans passer par le CFE. Avec le CFE c’est plus long, y’a le CFE en plus, cherchez l’erreur…

Détendez vous, ce n’est pas si grave…

Alors voilà les p’tites étapes tranquilles, avant toute chose, faites un tour sur le site de l’apce, tout est dit…

Ensuite, première question : dépendez vous de la chambre des commerces ou de celle des métiers ? en ce qui nous concerne, la simple réponse à cette question est déjà kafkeine : Nous faisons des services à domicile de ménage, repassage, et garde d’enfants, et sommes appelés à embaucher beaucoup de monde. Comme à partir de 10 salariés, c’est chambre de commerce, c’est simple non ? Et bien non… parce que dans vos activités mon brave monsieur, y’a repassage… et cela signifie un travail d’artisanat, comme les pressing, les couturières etc… Donc allez hop, direct en chambre des métiers.

Arrivée en chambre des métiers vous faites une formation obligatoire (nous concernant un concentré de syndicats essayant de nous vendre leur camelote) pour 380 € seulement, pour apprendre après coup que compte tenu de votre niveau de diplôme elle n’était pas obligatoire (merci merci..), et vous annoncer quelques mois plus tard que vous repassez en chambre de commerce puisque vous avez atteints les 10 employés. Simple non ?

Les étapes sans chichis sont :

-> Le dépôt du capital à la banque (il ne s’agît pas d’arriver avec un fourgon blindé, mais de faire un chèque sur un compte de dépôt qui sera le capital de l’entreprise, pour simplifier), la banque vous donne alors un récépissé de dépôt.

-> La rédaction de vos statuts (à 3 sous sur internet pour une sarl de base), on fera attention tout de même à ce que l’objet et les mentions concernant la gérance etc.. soient soigneusement étudiés avant d’imprimer le tout (en cinq exemplaires)

-> Il faut alors enregistrer les statuts auprès du greffe ou des impôts. Après une longue attente sur une chaise en skaï digne d’une administration russe des années 50 ou d’un grand créateur parisien en 2000 (c’est la même)  On paye et on droit a un tampon, hourra !

-> On publie alors une annonce officielle dans un journal d’annonces légales (ça en jette hein..). un peu façon faire part.. Bon, ça sert à rien, ça coûte un œil, mais il le faut. Aujourd’hui sur internet avec un récépissé de publication c’est rapide et moins cher.

-> On remplit alors le document M2 (la poésie de notre administration dans la nomination de ces documents est épatante), avec des cases trop petites (c’est une habitude administrative), en répondant à des questions drôles : La tva, tu la veux au mini réel ou au forfait ? Allez, répond… Et les impôts, IS ou IR ? Allez, plus vite…

-> Muni de notre récépissé bancaire , de nos docs M2, du journal d’annonces, de nos statuts  visés par les impôts, et des indispensables timbres fiscaux (ça sert à quoi un timbre fiscal, puis qu’ils vont garder le dossier hein ?), il est temps de se rendre au greffe et de déposer le tout, et si « le tout » est correctement remplit.. le kbis arrive !!!

Whoou.. « pour moi la vie va commencer, trala la lère etc.. etc.. »

M’ouais, ça va surtout se poursuivre :

-> Déclarer la société à la poste, à l’urssaf, à la médecine du travail, à la caisse de retraite complémentaire (même si vous ne voulez pas embaucher, cherchez l’erreur..), puis il faut assurer la société, acheter les livres réglementaires, dans certains cas les faire coter et parapher (l’occasion de retourner au greffe, et hop de repayer), puis on liberera le capital en donnant un kbis à la banque, ça y est, on est prêts !

Titulaire d’un papier bleu, sans aucun client, rincé coté fric, mais déjà vous pouvez remarquer le changement social, vous êtes devenu un s… de patron ! 🙂